Prévention des risques
Au-delà des 3 risques majeurs : les dangers secondaires que l’on oublie sur une emprise ferroviaire
Au-delà du heurt, du souffle des trains et du risque électrique, une emprise ferroviaire expose à des dangers moins visibles : chute de plain-pied sur ballast instable, nuisances sonores, co-activité entre entreprises, travail isolé et exposition aux intempéries. Ces risques exigent une vigilance et des mesures de prévention propres à chaque situation.
La chute de plain-pied sur ballast, un risque courant et sous-estimé
Sur les emprises, l’instabilité du ballast en fait un risque fréquent mais souvent minimisé. Les pierres de calibre variable, les traverses et les rails créent un sol irrégulier qui favorise les entorses, les chutes et les chocs, en particulier lors des déplacements rapides, en tunnel ou par faible visibilité.
- Adapter son allure de déplacement à l’état du sol et ne jamais courir sur le ballast
- Porter des chaussures de sécurité à semelle adhérente et à bon maintien de la cheville
- Éclairer systématiquement les zones de circulation lors des interventions de nuit ou en ouvrage souterrain
- Repérer et contourner les zones de ballast dégradé, en pente ou encombré d’outillage
Le bruit sur l’emprise, un risque qui peut masquer les signaux d’alerte
Le passage des trains, les engins de chantier et les outils électroportatifs exposent les intervenants à un bruit souvent sous-estimé. Au-delà de la fatigue auditive, ce bruit peut couvrir un avertisseur sonore, une annonce radio ou un appel de collègue, ce qui retarde la perception d’un danger imminent.
- Porter des protections auditives adaptées au niveau d’exposition réel du poste
- Privilégier, lorsque la configuration le permet, des protections qui n’isolent pas totalement l’oreille des signaux d’alerte
- Maintenir une liaison radio ou visuelle constante avec le reste de l’équipe
- Limiter la durée d’exposition continue aux postes les plus bruyants
La co-activité entre entreprises, un risque d’organisation
Sur une même emprise, plusieurs entreprises peuvent intervenir simultanément : voie, caténaire, signalisation, génie civil. Cette co-activité multiplie les interfaces entre équipes, les zones de circulation partagées et les risques de mauvaise communication sur les horaires ou les limites de chantier. Conducteurs de travaux, ouvriers, sous-traitants ou personnel d’encadrement : les profils concernés par cette coordination sont nombreux et doivent partager un langage commun des risques.
- Participer au briefing commun avant le début de l’intervention et identifier les autres équipes présentes
- Respecter le plan de prévention et les limites de zone définies entre les entreprises
- Signaler tout changement d’organisation ou de poste à l’encadrement de chantier
- S’assurer que les intervenants accédant à l’emprise disposent de la formation SECUFER requise pour leur intervention
Le travail isolé, un facteur aggravant en cas d’incident
Certaines missions (guet, surveillance, intervention ponctuelle) placent un agent seul sur une portion d’emprise, parfois loin de toute présence humaine. En cas de malaise, de chute ou d’incident, l’absence de témoin retarde l’alerte et les secours.
- Utiliser un dispositif d’alarme pour travailleur isolé (DATI) lorsque la mission l’impose
- Définir à l’avance des points de contact réguliers avec un correspondant joignable
- Ne jamais improviser une intervention seul en dehors du périmètre et du rôle prévus
- Connaître la procédure d’alerte et les numéros d’urgence du site avant le début de la mission
Les modalités d’alerte et de surveillance sont précisées lors de la préparation de chaque intervention ; pour toute question sur ces dispositifs, la FAQ sur la formation SECUFER apporte des réponses complémentaires.
L’exposition aux intempéries, un facteur de risque physiologique
Le travail sur emprise se déroule en extérieur, quelles que soient les conditions météorologiques. Chaleur, froid, pluie ou vent fort réduisent la vigilance, augmentent la fatigue et modifient l’adhérence du ballast et des surfaces métalliques (rails, passerelles).
| Condition | Effet principal | Mesure de prévention |
|---|---|---|
| Fortes chaleurs | Fatigue, baisse de vigilance, risque de déshydratation | Hydratation régulière, pauses à l’ombre, adaptation des horaires |
| Froid et gel | Perte de dextérité, surfaces glissantes | Vêtements adaptés, vérification de l’adhérence avant déplacement |
| Pluie et vent fort | Visibilité réduite, ballast glissant, déséquilibre | Équipement imperméable, prudence renforcée sur les zones en hauteur |
Intégrer ces risques secondaires à son évaluation globale
Les 3 risques majeurs (heurt par un train, souffle, risque électrique lié à la caténaire) restent la priorité absolue sur une emprise ferroviaire. Mais une évaluation des risques complète doit aussi prendre en compte ces dangers secondaires, qui relèvent de l’organisation du chantier autant que du comportement individuel. C’est tout l’objet de la formation SECUFER, conforme au décret n°2017-694 du 2 mai 2017, qui sensibilise chaque intervenant à l’ensemble de ces situations avant son premier accès à l’emprise.
- Vérifier que son attestation est toujours valable avant d’accéder à l’emprise
- Signaler à l’encadrement toute situation à risque non prévue par le plan de prévention
- S’inscrire à la prochaine session de formation SECUFER suffisamment en amont de l’intervention
À propos de l’autrice
Chérifa BENALI — Formatrice référente SECUFER chez BC FORMA.
Spécialiste de la sécurité sur les emprises ferroviaires, elle conçoit et anime les formations à la prévention des risques ferroviaires (décret n°2017-694), en e-learning et en présentiel. En savoir plus sur la formatrice référente.
Sources et références
- Décret n°2017-694 du 2 mai 2017 relatif aux prescriptions applicables aux travaux réalisés sur ou à proximité des voies ferrées (Légifrance).
- Référentiel de sécurité du réseau ferré national (Établissement public de sécurité ferroviaire).
- Définition SECUFER et cadre réglementaire — BC FORMA, organisme certifié Qualiopi.
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Questions fréquentes
Pourquoi le ballast est-il aussi dangereux pour la marche ?
Le ballast est composé de pierres de calibre irrégulier, de traverses et de rails qui forment un sol instable et accidenté. Le déplacement sur ce sol présente un risque réel de chute, en particulier lors des déplacements rapides ou en conditions de faible luminosité.
Le port d’une protection auditive peut-il devenir lui-même un risque ?
Oui, si elle isole totalement l’oreille des signaux d’alerte (avertisseur, radio, appel). Il faut privilégier des protections adaptées au niveau de bruit réel du poste, sans supprimer la perception des alertes sonores essentielles.
Qui coordonne les entreprises qui interviennent en même temps sur une emprise ?
La coordination relève du plan de prévention établi entre les entreprises intervenantes et de l’encadrement de chantier, qui organise les horaires, les zones de circulation et les modes de communication communs à tous les intervenants.
Qu’est-ce qu’un dispositif d’alarme pour travailleur isolé (DATI) ?
C’est un équipement qui détecte l’absence de mouvement ou permet de déclencher manuellement une alerte, et qui transmet la situation de l’agent à un correspondant joignable en cas d’incident.
La formation SECUFER couvre-t-elle uniquement les 3 risques majeurs ?
Non. Si le heurt, le souffle et le risque électrique restent la priorité, la formation SECUFER, conforme au décret n°2017-694, sensibilise aussi aux dangers secondaires de l’emprise comme la chute de plain-pied, le bruit, la co-activité, le travail isolé et les intempéries.
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