Prévention des risques
Où travailler en sécurité le long des voies ferrées : zones dangereuses et limites d'intervention
Le long d'une voie ferrée, on distingue en général plusieurs zones : la zone hors emprise sans risque particulier, la zone dangereuse proche de la voie, et la zone de voisinage de la caténaire sous tension permanente (25 000 volts alternatif ou 1 500 volts continu). Seul le représentant du gestionnaire d'infrastructure autorise l'entrée en zone dangereuse, jamais le salarié seul.
Les trois zones le long d'une emprise ferroviaire
Le long d'une voie ferrée, l'emprise ne forme pas un espace uniforme. Elle se découpe en plusieurs zones dont le niveau de risque dépend de la distance à la voie et de la présence d'installations électriques de traction. Reconnaître ces zones avant d'intervenir est la première règle de sécurité, bien avant tout équipement de protection individuelle.
- La zone hors emprise : en retrait de la voie, sans risque ferroviaire direct, où la circulation d'un train ne constitue pas une menace immédiate.
- La zone dangereuse : à proximité de la voie, dans l'espace où le gabarit de passage d'un train ou d'un engin peut toucher une personne ou son matériel.
- La zone de voisinage de la caténaire : sous ou proche de la ligne électrique de traction, où la tension reste présente même sans contact direct.
Pourquoi la caténaire change les règles d'intervention
La caténaire qui alimente les trains transporte une tension de 25 000 volts alternatif, ou de 1 500 volts continu sur certaines lignes. Cette tension est permanente : elle ne dépend pas du passage d'un train et elle reste dangereuse même sans contact direct avec le fil ou ses supports. C'est pourquoi la zone de voisinage de la caténaire impose des règles distinctes de celles qui concernent la seule proximité des rails.
L'autorisation SECUFER permet de comprendre ces dangers spécifiques aux emprises ferroviaires et de savoir à quelle distance ils deviennent réels, mais elle ne remplace pas une habilitation électrique : SECUFER porte sur la connaissance des risques ferroviaires, pas sur l'intervention technique sur des installations sous tension.
Pourquoi on ne décide jamais seul d'entrer en zone dangereuse
Entrer en zone dangereuse n'est jamais une décision individuelle. Sur une emprise ferroviaire, c'est le gestionnaire de l'infrastructure, via son représentant sur le terrain, qui autorise l'accès et qui définit la protection à mettre en place avant toute intervention : surveillance, annonce des circulations, ou interruption de la circulation selon la nature des travaux.
- Un salarié ne peut jamais juger seul que la voie est libre ou que le moment est favorable pour s'approcher.
- L'autorisation d'accès dépend du type de travaux, de la configuration de la ligne et du mode de protection retenu ce jour-là.
- La protection mise en place peut changer d'une intervention à l'autre, même sur le même site.
Cette règle concerne tous les publics appelés à intervenir à proximité des voies, quel que soit leur métier ou leur ancienneté sur le site.
Comment repérer la zone où une protection est obligatoire
Le tableau suivant résume les repères à connaître pour situer une zone et déterminer qui autorise l'accès.
| Zone | Ce qui la caractérise | Qui autorise l'accès |
|---|---|---|
| Hors emprise | Aucun risque ferroviaire direct identifié | Accès libre dans le cadre du site |
| Zone dangereuse | Proximité de la voie et du gabarit de passage des trains | Le représentant du gestionnaire d'infrastructure, selon la protection mise en place |
| Zone de voisinage caténaire | Tension permanente de 25 000 volts alternatif ou 1 500 volts continu | Le représentant du gestionnaire d'infrastructure, avec des règles renforcées |
Cette logique de zones est la base commune à toute intervention sur une emprise ferroviaire, quel que soit le secteur d'activité de l'entreprise intervenante.
Ce que la formation SECUFER apporte face à ces zones
La formation SECUFER existe en version e-learning ou en format présentiel, selon les contraintes de l'entreprise et le profil des salariés concernés.
Elle permet d'apprendre à distinguer les zones, à comprendre pourquoi l'autorisation d'y entrer ne se décide jamais seul, et à adopter les bons comportements face à une caténaire ou à l'approche d'un train. Les sessions sont consultables sur la page des prochaines sessions.
À propos de l’autrice
Chérifa BENALI — Formatrice référente SECUFER chez BC FORMA.
Spécialiste de la sécurité sur les emprises ferroviaires, elle conçoit et anime les formations à la prévention des risques ferroviaires (décret n°2017-694), en e-learning et en présentiel. En savoir plus sur la formatrice référente.
Sources et références
- Décret n°2017-694 du 2 mai 2017 relatif aux prescriptions applicables aux travaux réalisés sur ou à proximité des voies ferrées (Légifrance).
- Référentiel de sécurité du réseau ferré national (Établissement public de sécurité ferroviaire).
- Définition SECUFER et cadre réglementaire — BC FORMA, organisme certifié Qualiopi.
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Questions fréquentes
Peut-on entrer seul en zone dangereuse si l'on connaît bien le site ?
Non. L'autorisation d'accès à la zone dangereuse dépend toujours du gestionnaire de l'infrastructure et de la protection mise en place ce jour-là, pas de la connaissance personnelle du site par le salarié.
Que signifie concrètement la zone de voisinage de la caténaire ?
C'est l'espace où la ligne électrique de traction, alimentée en 25 000 volts alternatif ou en 1 500 volts continu selon la ligne, reste sous tension en permanence et peut provoquer un arc électrique sans contact direct.
La formation SECUFER donne-t-elle le droit d'intervenir sur la caténaire ?
Non. SECUFER porte sur la connaissance des risques ferroviaires et sur le comportement à adopter à proximité des voies et de la caténaire ; ce n'est ni une habilitation électrique, ni un CACES.
Qui décide du mode de protection à mettre en place avant une intervention ?
Le représentant du gestionnaire de l'infrastructure, en fonction du type de travaux, de la configuration de la ligne et des circulations prévues ce jour-là.
L'attestation SECUFER a-t-elle une durée de validité limitée ?
Oui, l'attestation est valable 3 ans ; un recyclage de 3h30 permet ensuite de la renouveler.
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