Métiers concernés
Ferrailleur-armaturier en milieu ferroviaire : la formation SECUFER pour poser des armatures près des voies
Le ferrailleur-armaturier qui façonne et pose des armatures béton sur un ouvrage d’art ou un quai proche des voies manipule des aciers longs à quelques mètres de la caténaire 25 000 volts et des circulations. La formation SECUFER, d’une durée de 7 heures, lui apprend à reconnaître ces dangers et les consignes de sécurité du réseau ferré avant tout accès à l’emprise, sans remplacer une habilitation électrique ni un CACES.
Le ferrailleur-armaturier sur un chantier ferroviaire
Sur un ouvrage d’art ferroviaire (pont-rail, mur de quai, caniveau technique) ou aux abords immédiats des voies, le ferrailleur-armaturier façonne, assemble et pose les armatures béton qui structurent l’ouvrage. Ce travail suppose de manipuler des barres et des treillis métalliques longs, parfois rigides, dans un espace contraint où circulent trains et engins de chantier.
- Façonnage et cintrage des aciers en atelier ou sur site
- Ligature et pose des cages d’armature avant coulage
- Manutention d’aciers longs à la main ou à l’aide d’un engin de levage
- Travail sur quai, pont-rail, mur de soutènement ou tranchée proche des voies
Des risques amplifiés par la proximité des voies et de la caténaire
Un acier long tenu à bout de bras devient un conducteur potentiel s’il s’approche d’une ligne sous tension. Sur les lignes électrifiées, la caténaire délivre 25 000 volts en courant alternatif, ou 1 500 volts en courant continu sur certaines lignes : un simple rapprochement, sans contact direct, peut suffire à provoquer une électrisation. A cela s’ajoutent les risques liés aux circulations ferroviaires et à la coactivité avec d’autres corps d’état.
- Risque électrique par approche d’une armature métallique de la caténaire
- Happement ou heurt par un train ou un engin de chantier circulant à proximité
- Chute d’armature ou de matériel vers la voie en contrebas d’un ouvrage
- Non-respect du gabarit de sécurité pendant la manutention des aciers longs
- Coactivité avec d’autres intervenants du chantier (coffreurs, grutiers, conducteurs d’engins)
SECUFER : une autorisation d’accès, ni un CACES ni une habilitation électrique
La formation SECUFER ne qualifie pas à la conduite d’engins et ne remplace aucune habilitation électrique. Elle atteste que le salarié connaît les risques ferroviaires et les consignes de sécurité du réseau ferré national avant d’accéder à l’emprise, conformément au décret n°2017-694 du 2 mai 2017. Pour comprendre précisément ce que couvre cette autorisation, consultez la définition de SECUFER.
| Dispositif | Ce qu’il couvre |
|---|---|
| SECUFER | Connaissance des risques ferroviaires et des consignes d’accès à l’emprise, exigée par le décret n°2017-694 |
| Habilitation électrique | Travaux ou interventions à proximité ou sur des installations électriques, délivrée par l’employeur selon la norme en vigueur |
| CACES | Aptitude à la conduite en sécurité d’un engin de chantier (grue, nacelle, chariot), délivrée après évaluation pratique |
Ce que la formation apporte concrètement au ferrailleur-armaturier
En 7 heures, la formation SECUFER aborde les situations que rencontre concrètement un poseur d’armatures travaillant près des voies : distances à respecter avec une caténaire, comportement en cas d’approche involontaire d’un acier avec une ligne électrifiée, repérage des zones à risque sur un ouvrage d’art, et conduite à tenir en cas d’incident. Elle est accessible en e-learning ou en présentiel selon l’organisation du chantier.
- Rappel du cadre réglementaire issu du décret n°2017-694
- Identification des zones dangereuses (caténaire, voies, gabarit)
- Consignes de manutention des aciers longs à proximité d’une ligne électrifiée
- Conduite à tenir en cas d’incident ou d’approche d’un danger électrique
- Procédure d’alerte et contacts à utiliser sur l’emprise ferroviaire
Comment l’employeur organise un accès conforme pour ses ferrailleurs-armaturiers
L’employeur identifie, parmi ses équipes, les salariés qui façonnent ou posent des armatures à proximité des voies et vérifie leur statut de public concerné par l’obligation SECUFER avant toute intervention. L’attestation délivrée est valable 3 ans et un recyclage de 3h30 permet de la renouveler sans refaire la formation complète.
- Recenser les postes exposés : ferrailleurs, armaturiers, coffreurs intervenant près des voies
- Planifier la formation initiale de 7 heures avant le premier accès à l’emprise
- Vérifier la prise en charge possible par l’OPCO, jusqu’à 100 % selon les cas, via la page financement
- Suivre la date de validité des attestations (3 ans) et programmer le recyclage de 3h30
- Consulter la FAQ pour toute question sur l’organisation des inscriptions
À propos de l’autrice
Chérifa BENALI — Formatrice référente SECUFER chez BC FORMA.
Spécialiste de la sécurité sur les emprises ferroviaires, elle conçoit et anime les formations à la prévention des risques ferroviaires (décret n°2017-694), en e-learning et en présentiel. En savoir plus sur la formatrice référente.
Sources et références
- Décret n°2017-694 du 2 mai 2017 relatif aux prescriptions applicables aux travaux réalisés sur ou à proximité des voies ferrées (Légifrance).
- Référentiel de sécurité du réseau ferré national (Établissement public de sécurité ferroviaire).
- Définition SECUFER et cadre réglementaire — BC FORMA, organisme certifié Qualiopi.
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Questions fréquentes
Un ferrailleur-armaturier doit-il avoir une habilitation électrique pour poser des armatures près d’une caténaire ?
Non. La formation SECUFER ne remplace pas une habilitation électrique. Elle sensibilise aux risques de proximité avec une caténaire sous tension (25 000 volts alternatif ou 1 500 volts continu selon les lignes) et aux consignes d’accès à l’emprise, mais toute intervention sur ou à proximité immédiate d’une installation électrique relève d’une habilitation distincte, délivrée par l’employeur.
Le CACES est-il nécessaire en complément de SECUFER pour ce métier ?
Le CACES concerne la conduite d’engins (grue, nacelle, chariot) et reste obligatoire si le ferrailleur-armaturier conduit un engin de levage. SECUFER est une autorisation distincte, centrée sur la connaissance des risques ferroviaires et les consignes de sécurité à respecter avant d’accéder aux voies, quel que soit l’engin utilisé par ailleurs.
Combien de temps dure la formation SECUFER et quelle est sa validité ?
La formation initiale dure 7 heures. L’attestation délivrée est valable 3 ans. A l’approche de cette échéance, un recyclage de 3h30 permet de renouveler l’autorisation sans reprendre la formation complète.
Qui finance la formation SECUFER pour un ferrailleur-armaturier ?
Le coût de la formation est de 150 euros par personne. Une prise en charge par l’OPCO de l’entreprise est possible, jusqu’à 100 % selon les cas, ce qui réduit ou annule le reste à charge pour l’employeur.
Faut-il refaire SECUFER pour chaque chantier ferroviaire différent ?
Non, l’attestation SECUFER reste valable 3 ans quel que soit le chantier, dès lors que le salarié continue d’intervenir dans des conditions couvertes par la formation. Chaque donneur d’ordre peut toutefois demander à vérifier la validité de l’attestation avant l’accès à son emprise.
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